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Gilles Boeuf

Qu’est-ce que la biodiversité?

Une définition ultrasimple que je propose souvent est la suivante : la biodiversité c'est la partie vivante de la nature. C'est l'ensemble de tous les être vivants, et l'ensemble des relations entre tous ces êtres vivants, et avec leur environnement.

Aujourd’hui où en est la biodiversité sur notre terre ?

Aujourd'hui elle se porte malheureusement mal pour 5 raisons : on détruit, on pollue, on surexploite, on dissémine tout partout et enfin le climat change trop vite – et l'Humain en est bien responsable ! Aujourd'hui, on assiste à l'effondre- ment du vivant sauvage (60% des vertébrés ont disparu depuis 1970) et une ex- plosion des animaux domestiques (chiens, chats, poulets, vaches, etc.), ce qui crée des problèmes. En 2000, un prix Nobel de chimie nommé Paul Crutzen propose le terme d’anthropocène qui vient d’« anthropo », l’humain et de « cène », la frac- tion du temps. Cela désigne le fait que sur Terre le principal moteur de change- ment est désormais la présence de l'humain.

Qu’est ce qui vous a mené au sujet de la biodiversité dans votre parcours ?

Depuis que j’ai 8 ans, je sais que je veux être chercheur en biologie. Au départ, j’ai été endocrinologue, j’ai fait de la recherche fondamentale. Puis, j’ai lu le papier, en 2001, de Steve Palumbi, et, au même moment, Paul Crutzen a créé le terme d’anthropocène dont je parlais tout à l’heure. Savoir que le plus puissant moteur de changement est la présence de l’humain, avec ses animaux domestiques, m’a bouleversé et m’a amené à étudier la biodiversité et son avenir.

Retrouve-t-on la même dynamique de chute de la biodiversité en France qu’à l’échelle planétaire ?

C'est pareil partout. Disons qu'il est clair que les zones agricoles en France ont été très préjudiciables au vivant sauvage. Au Museum on a publié un papier il y a 2 ans qui montre qu'on a perdu en 12 ans 30% des oiseaux communs qu'on connaissait bien tout petits, et 75% des insectes qui volaient.

Comment chaque Français peut-il agir au quotidien pour contrer cette atteinte à la biodiversité ?

Le premier levier est l'alimentation. Il faut expliquer à une petite fille et à un petit garçon qu'il n'est pas normal de manger tous les jours des avocats, mangues, ba- nanes, figues, etc. Ensuite, il faut manger beaucoup moins de viande. Pour ce qui est du poisson, je mange de la lotte, du loup, du sar, de la sole (qui n'est pas encore menacée) ou de la sardine. J'évite le thon car il est de plus en plus contaminé par les métaux lourds ! Enfin, éviter que le plastique ne se retrouve dans nos océans.

Comment un Parisien peut retrouver un contact ajusté avec cette biodiversité ?

Il faut savoir dresser l’oreille pour avoir le plaisir d’entendre un oiseau qui chante, aller se balader dans les parcs de Paris, entretenir quelques fleurs dans son jar- din ou avec des jardinières, mettre un peu de margarine sur le balcon pour les mésanges l’hiver, quand il fait très froid. Il y a aussi plusieurs associations qui permettent de renouer le contact avec la nature : « Sauvages de ma rue » regroupe 15 000 personnes qui aident à planter des plantes sauvages dans Paris.

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